INTERVIEW sur tananalife.com du 23 mai 2009
La parole à Fanja Andriamanantena
Interview
La grande dame du jazz malgache nous enchante avec un nouvel album dont le concert de promotion se tiendra au Carlton pour le 17 juin prochain. Entre deux enregistrements, nous l'avons rencontré, sirotant paisiblement son café, détendue et concentrée.
Interview
Vous reprenez la scène après un petit moment d'absence...
Mon dernier cabaret cette année a été à Antsirabe. En règle générale, je fuis autant que possible les scènes, je préfère le calme de ma maison pour composer. En ce moment, je conçois chez moi la jaquette de mon prochain album.
Parlez-nous de Soa fa tiaSoa fa tia, le nom de l'album, a été tiré des prénoms de mes deux petits-enfants, Tohy tia et Miotisoa. Il comporte douze titres. Une chanson a été composée par Bekoto, une autre de dadah, et la mélodie d'une troisième est de Tôty. Il a été enregistré avec l'aide de Sammy Andriamanoro, Rado Rakotoralahy, Joël Rabesolo, Haja Rakotonimanga, Nicolas Vatomanga, Mika, Miora, Nin's, et le concours de Théo Rakotovao sur le titre Sanatria ve. J'ai composé la mélodie et les textes des autres chansons.
Comment vous est venue l'idée de cet album ?Soa fa tia est l'histoire d'une évolution. Je pense avoir évolué musicalement, et si mes préférences tendent vers la musique latino, ma démarche est en continuité avec mes origines musicales que sont le jazz et la musique classique. On retrouvera dans Izy tia ahy, un des titres de Soa fa tia, les mêmes tonalités que Rehefa injay de mon premier album. Et la musique traditionnelle malgache tient une place très importante dans mon univers personnel. La couleur musicale de Soa fa tia est le résultat d'un métissage, avec beaucoup de jazz, un zeste de musique latino, et la musique traditionnelle du sud de Madagascar.
Soa fa tia, une pierre de plus pour le monument musical que vous êtes ?
Je refuse qu'on me considère comme un monument de la musique ou de quoi que ce soit d'autre ! Pour moi, c'est le temps qui doit justifier la place d'un artiste. Si mes chansons me survivent dans soixante-dix ans, peut-être... Il faudrait vraiment que les chansons s'inscrivent dans la durée pour que leur créateur soit un monument. Si je suis dans la musique depuis quarante-cinq ans, je ne suis véritablement monté sur scène que depuis 2000.
Et après Soa fa tia ?Il me faudra bien surmonter ma peur de la scène (rires). Il est sûr que je reprendrais la scène pour la promotion de l'album, et j'espère d'ici la fin de l'année la sortie d'un DVD live.
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